Blanquer doit supprimer les ELCO !

| Communiqués - 12 septembre 2018
  • Louis Aliot

Communiqué de presse de Louis Aliot, Député des Pyrénées-Orientales

Jean-Michel Blanquer s’est trompé de combat en affirmant qu’il valait mieux apprendre l’arabe à l’école que dans les caves. Car l’arabe s’apprend déjà dès l’école primaire, pour les élèves qui le souhaitent.

La priorité est donc bien de de remettre de l’ordre dans l’enseignement des langues et des cultures d’origine, sinon de les supprimer. Conséquence directe d’une directive européenne de 1977 qui dispose que « les États membres prennent […] les mesures appropriées en vue de promouvoir, en coordination avec l’enseignement normal, un enseignement de la langue maternelle et de la culture du pays d’origine en faveur des enfants », la création des ELCO n’était pas à l’origine destinée à alimenter la narration communautariste.

En effet, ce programme devait d’abord concerner les enfants se déplaçant avec leurs parents dans le cadre d’une immigration de travail au sein de l’Union européenne. Les enseignants sont formés et rémunérés par ces États étrangers (soit européens comme l’Espagne ou l’Italie, soit nord-africains, soit asiatique) comme la Turquie, mais contrôlés par l’Académie où ils enseignent.

De nos jours, le programme concerne pourtant des élèves possédant pour la plupart la nationalité française, l’ultra-majorité d’entre eux apprenant par ce biais l’arabe (57.145) ou le turc (16.555). D’après l’étude du HCI remise au Premier ministre au second semestre 2013, la part des élèves concernées aurait progressé de 16% en cinq ans.

Dans un rapport confidentiel de 2012, le Haut Conseil à l’Intégration alertait sur les dérives des ELCO : « Susceptibles de renforcer les références communautaires, les ELCO peuvent conduire au communautarisme. Certains interlocuteurs craignent même que les ELCO deviennent des catéchismes islamiques ».

Loin d’être un fantasme de quelques esprits réactionnaires, le fait que les ELCO servent de vecteur de l’islamisation et de la communautarisation des élèves d’origine maghrébine ou turque, est une réalité. Ces professeurs formés à l’étranger transmettent aussi aux élèves le sentiment national d’un autre pays, de même que des discours religieux, parfois hostiles à notre mode de vie. On peut bien se demander pourquoi la France continue de financer les ELCO qui forment des esprits animés par un patriotisme étranger, les élèves concernés étant des immigrés destinés à vivre en France, et non à séjourner temporairement, comme c’était le cas autrefois.

De cela, monsieur Blanquer ne parle pas. Il prétend que la France doit offrir aux élèves qui le souhaitent un enseignement de la langue arabe précoce qui existe déjà.

Le Haut-Commissariat à l’Intégration déclarait aussi dans ce même rapport, des propos que nous ne pouvons qu’approuver : « Au terme de cette étude nous ne saurions trop insister sur le fait que la réussite des enfants de l’immigration passe avant tout par la maîtrise du français. (…) Il vaudrait mieux se concentrer sur les programmes de réussite éducative, en faveur de l’intégration et de la mobilité sociale des jeunes d’origine étrangère pour lesquels l’accès à la langue française est un atout irremplaçable ; et laisser l’apprentissage de la langue d’origine à des démarches d’ordre personnel ».
Cette analyse de bon sens donne-t-elle la raison de la suppression du Haut-Commissariat à l’Intégration, remplacé par « l’Observatoire de la laïcité » en avril 2013, sous le premier gouvernement Ayrault ?

Rétrospectivement, il est terrible de constater que tout est su depuis des décennies, que tous nos maux sont connus, et que les différents gouvernements s’acharnent pourtant à ne rien faire, voire à aggraver la situation en prenant des décisions irresponsables.

Prenons les solutions qui s’imposent en supprimant les ELCO et en privilégiant l’enseignement du français dans les petites classes du primaire. Quant à l’arabe, il peut être enseigné plus tard, en option de langue vivante 2 ou 3, au même titre que d’autres idiomes utiles dans le monde contemporain, tels que le chinois, l’hindi ou le russe.

Par | 2018-09-12T12:09:04+00:00 12 septembre 2018|Communiqués|

À propos de l'auteur :

Louis Aliot
Louis Aliot
Député

Voir tous les articles de