Le projet de réforme des institutions du « nouveau monde » accouche d’une dosette de démocratie

| Communiqués - 4 avril 2018

Communiqué de presse des députés du Front National

Après une attente insoutenable, le Premier ministre Edouard Philippe a dévoilé les contours de la révision constitutionnelle annoncée par l’exécutif.

La réforme des institutions portée avec lyrisme par le candidat Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle était censée donner un nouveau souffle à la démocratie française. A entendre la conférence de presse du premier de ses collaborateurs, la montagne accouche d’une souris et le compte n’y est pas.

La lourdeur de cette fusée législative, qui sera présentée en conseil des ministres le 9 mai prochain, composée de trois étages, un projet de loi constitutionnel, un projet de loi organique et un projet de loi ordinaire, peine à dissimuler le manque d’ambition manifeste de ce que nous pouvons appeler une « continuité révisionnelle ».

Edouard Philippe a déclaré vouloir améliorer la représentativité du Parlement avec l’introduction d’une dose de proportionnelle de 15% pour l’élection des députés. Les députés du Front National regrettent que le gouvernement traite la démocratie comme on parle de la drogue. Le « deal » avec les présidents des deux chambres a abouti à ce compromis qui contente seulement les partis traditionnellement hostiles à la représentation de tous les Français. Cette dosette de proportionnelle très largement insuffisante ne permettra pas à chaque citoyen de se voir représenté et défendu au Parlement. Cette mesurette cosmétique ne renouera pas le lien entre les Français et la politique. Les députés du Front National rappellent que l’un des engagements présidentiels de Marine Le Pen était d’instaurer le scrutin proportionnel à toutes les élections.

Sur la baisse du nombre de parlementaires de 30%, là encore, l’exécutif fait le service minimum pour satisfaire l’opinion publique. Lors de la campagne présidentielle, Marine Le Pen proposait d’abaisser le nombre de députés à 300 contre 577 et le nombre de sénateurs à 200 contre 348 actuellement.

Sur la limitation du cumul à trois mandats consécutifs, le gouvernement ne prend pas de risque en repoussant à 2032 l’effectivité de cette réforme impopulaire auprès des élus locaux. Courage, fuyons !

Edouard Philippe a osé parler de « pacte girondin » avec les collectivités territoriales et en même temps l’Etat macroniste opère une recentralisation forcée avec la mise au pain sec des territoires en leur enlevant les moyens financiers nécessaires à leur action.

Les députés du Front National se satisfont du recul du gouvernement sur la limitation du nombre d’amendements en fonction de la taille des groupes parlementaires qui représentait une menace inquiétante pour la liberté de l’opposition démocratique. Ils regrettent l’introduction de la spécificité corse dans la Constitution qui porte les germes de la communautarisation de notre loi fondamentale.

Le bilan de cette réforme qui se devait fondatrice est extrêmement maigre : si peu sur la proportionnelle, rien sur la revalorisation du rôle du Parlement, rien sur un véritable referendum d’initiative populaire, rien sur la simplification de notre organisation territoriale, rien sur la revalorisation du rôle des maires ruraux. Comme toujours avec le « nouveau monde », nous avons les grands mots et les actes lilliputiens.

Par | 2018-04-04T19:01:26+00:00 4 avril 2018|Communiqués|

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