Les universités françaises en péril

| Communiqués - 20 mars 2013
  • Front National - Officiel

Communiqué de presse de Gilles Lebreton, Conseiller “enseignement supérieur” de Marine Le Pen

Le projet de loi sur l’enseignement supérieur présenté par madame Fioraso ne remédie en rien à la crise dans laquelle la réforme Sarkosy-Pécresse de 2007 a plongé les universités françaises.

Quatorze présidents d’université avaient pourtant adressé, le 12 novembre 2012, une lettre ouverte à la ministre, dans laquelle ils demandaient à l’Etat de récupérer la gestion de la masse salariale de leurs fonctionnaires, que la loi de 2007 a transférée aux universités sans leur accorder les crédits nécessaires. En proie à de graves difficultés financières, leurs établissements n’auraient bientôt d’autre ressource, prévenaient-ils, que de solliciter le droit de procéder à “l’augmentation des droits universitaires”, évolution dont ils ne voulaient pas “être les alibis”.

Madame Fioraso n’a pas voulu les écouter. Son projet de loi laisse aux universités la gestion de la masse salariale de leurs fonctionnaires. Implicitement, il accepte donc la marchandisation de l’enseignement supérieur qui va nécessairement en découler. Il ne faut pas s’en étonner : des trois principaux candidats à l’élection présidentielle de 2012, seule Marine Le Pen avait proposé l’abrogation de la loi de 2007.

Les autres nouveautés les plus controversées de la loi de 2007 sont également conservées, notamment la transformation du président d’université en manager et sa mainmise sur les comités de sélection.

Pour le reste, le projet de loi de madame Fioraso cède à la démagogie en prévoyant une “spécialisation progressive des études” en licence qui semble ouvrir la voie à une secondarisation de l’enseignement supérieur.

Il détruit en outre deux institutions, récemment créées, au moment précis où elles commençaient à trouver leur rythme de croisière : l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), remplacée par un “haut conseil de l’évaluation de la recherche” dont le rôle est nettement revu à la baisse (à quand l’illusoire “auto-évaluation”?); et les PRES (Pôles de recherche et d’enseignement supérieur), remplacés par des “communautés scientifiques” qui sont beaucoup plus menaçantes qu’eux pour l’autonomie pédagogique et scientifique des universités qu’elles ont – comme eux – vocation à regrouper.

Cette menace est particulièrement illustrée par la volonté du projet de loi de substituer à l’actuel “contrat d’établissement”, propre à chaque université, un “contrat de site” conclu par l’Etat avec chaque communauté scientifique. Les universités tomberont ainsi sous l’étroite dépendance de leurs “communautés” respectives, lesquelles tomberont à leur tour sous la coupe des régions qui seront “associées” à la négociation de ces nouveaux contrats.

Le projet de loi sombre enfin dans le ridicule en voulant fusionner dans un improbable “conseil académique”, à l’intérieur de chaque université, deux instances dont les finalités sont très différentes : le conseil scientifique et le conseil des études et de la vie universitaire. Même l’UNEF, syndicat étudiant pourtant proche du Parti socialiste, s’est avouée circonspecte devant cette nouvelle déclinaison du mariage de la carpe et du lapin.

Le gouvernement Ayrault n’a en définitive aucune vision de l’avenir de notre service public de l’enseignement supérieur. Rallié à la mondialisation ultra-libérale, il poursuit le désengagement de l’Etat initié par Nicolas Sarkosy et accepte la transformation des universités en entreprises livrées aux lobbies et aux féodalités locales.

Par | 2013-03-20T17:23:53+00:00 20 mars 2013|Communiqués|

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