Projet de loi antiterroriste de Bernard Cazeneuve : un risque de dérives pour les libertés sur internet ?

| Communiqués - 17 septembre 2014
  • Nicolas Bay

Communiqué de Presse de Nicolas Bay, Secrétaire général adjoint du Front National, Député français au Parlement européen

Depuis lundi, les députés examinent un projet de loi antiterroriste visant à lutter contre la propagande djihadiste en France. S’il est bien sûr nécessaire et même urgent d’agir pour la sécurité publique face aux menaces islamistes, le projet de loi dont il est question comporte un volet qui touche directement à la liberté d’expression sur Internet. Sous prétexte de faciliter l’identification de contenus en ligne faisant l’apologie du terrorisme, l’accord préalable d’un juge pour interdire l’accès à un site internet ne sera plus nécessaire.

On peut légitimement s’inquiéter d’une telle disposition qui porte atteinte aux libertés fondamentales du citoyen. Bloquer administrativement des sites sur la seule base d’une interprétation subjective des autorités impliquerait, en effet, un processus d'”orwellisation” de la société. Il suffira qu’un site internet propose une analyse différente de l’actualité des médias traditionnels pour que son accès soit interdit aux internautes. Outre leur inefficacité, ces dispositifs sécuritaires, déjà en place aux Etats-Unis sous le nom de Patriot Act, génèrent une violation de la vie personnelle et une régression scandaleuse du droit à la liberté d’expression. En pratique, elles donnent le moyen à l’État d’empiéter sur la sphère privée et de museler d’éventuelles résistances politiques.

Le Front National rappelle que la liberté sur Internet est l’un des aspects fondamentaux de la liberté d’expression. Il est donc nécessaire de la constitutionnaliser. Faisant concurrence au traitement journalistique de l’actualité, souvent complaisant à l’égard des gouvernements en place, les sites internet d’information alternative – et notamment les sites patriotes – participent à l’amélioration de la qualité du débat démocratique.

Si M. Cazeneuve et le gouvernement veulent réellement lutter contre les risques djihadistes dans notre pays, qu’ils commencent par déchoir de la nationalité française les binationaux partis en Syrie et en Irak, en leur interdisant toute possibilité de retour sur notre territoire, et qu’ils expulsent les imams et prédicateurs étrangers faisant l’apologie de l’islam radical dans notre pays.

Par |2014-09-18T08:46:55+00:0017 septembre 2014|Communiqués|

À propos de l'auteur :