Question écrite de Bruno BILDE, député du Pas-de-Calais, membre de la Commission des affaires sociales, sur le décès de Naomi Musenga

| Communiqués - 9 mai 2018

M. Bruno Bilde alerte Mme la ministre des solidarités et de la santé sur les circonstances du décès de Madame Naomi Musenga, victime d’un infarctus le 27 décembre dernier à Strasbourg.

L’enregistrement de son appel passé au service d’aide médicale urgente (Samu) des hôpitaux de Strasbourg vient de révéler les profonds et dramatiques dysfonctionnements de l’accueil téléphonique des urgences. En effet, à l’écoute des propos tenus par l’opératrice, Madame Musenga semble avoir été traitée avec un mépris indigne et une désinvolture scandaleuse. Au-delà de la responsabilité du personnel qui sera déterminée par l’enquête de l’Inspection générale des affaires sociales, ce drame pose la question de la pérennité de nos services d’urgence à l’aune de l’évolution inquiétante de notre système de santé.

Ces dernières années, la politique de santé a été contaminée par la quête de la rentabilité et cette course folle aux économies déguisées en “mutualisations”, “simplifications” et “restructurations”. Aujourd’hui, l’hôpital public est à bout de souffle et les services d’urgence explosent. Les exemples quotidiens nous démontrent qu’en matière de santé publique, on ne peut pas faire mieux avec moins. Les fermetures d’hôpitaux de proximité, les suppressions de services, la fermeture des urgences de nuit dans certains établissements, la diminution du nombre de lits, la métropolisation de la santé, mettent en péril l’accès aux soins pour bon nombre de nos compatriotes.

Concernant les centres d’appel 15, les mutualisations les poussent à sélectionner les urgences jugées « sérieuses » et « rentables » avec des questionnaires téléphoniques indécents et des renvois vers le médecin de garde pour désengorger le Samu et limiter le nombre d’interventions. Il est grand temps de réformer de fond en comble notre système de santé à la dérive en arrêtant les politiques comptables qui mettent en danger la vie des Français.

Par | 2018-05-09T09:55:55+00:00 9 mai 2018|Communiqués|

À propos de l'auteur :