M. Louis Aliot interroge M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation sur la crise de la filière porcine

| Interventions - 20 juin 2018

Ce mois de mai 2018, le cours du porc au marché du porc breton de Plérin, référence nationale, était trop bas pour que les éleveurs français puissent vivre de leur labeur. Cet effondrement constant génère de fortes tensions entre les producteurs et la grande distribution, qui menacent régulièrement de dégénérer. Le Marché du porc breton est un outil utile aux petits producteurs, leur offrant une relative transparence du cours et les protégeant des pressions de la grande distribution via la transformation. Le problème est que son influence s’amoindrit, souffrant encore des boycotts qui regroupent des éleveurs. Plusieurs autres difficultés pèsent sur la production porcine française, majoritairement exogènes : surproduction mondiale, concurrence européenne espagnole déloyale ne respectant pas nos normes environnementales et sociales. Le marché du porc mondial est saturé, mais nous continuons à défendre une vision exportatrice.

Comme l’a dit Pascal Aubry de la Coordination rurale, le marché ne s’ouvrira pas sauf catastrophe sanitaire dans l’un des gros bassins de production. Du fait des sanctions, l’agriculture russe s’est adaptée et sera bientôt autosuffisante. Quant à la Chine, elle a pareillement de moins en moins besoin d’importer son porc. Il suffit d’écouter les agriculteurs pour comprendre leurs véritables souhaits et ce qui les dérange : le poids des charges, les soucis administratifs, les normes environnementales souvent légitimes mais de plus en plus contraignantes, une opinion publique hostile et moins consommatrice de viande de porc. L’État n’aide pas suffisamment les éleveurs qui ont l’impression d’être seuls. Les abattoirs français sont de moins en moins compétitifs par rapport à ceux de nos voisins allemands, plus mécanisés. Le retard face aux Espagnols est également important. Les Ibères ont choisi un modèle totalement différent au sein duquel un acteur contrôle la production de l’alimentation (près de 70 % du prix de revient d’un porc) jusqu’à la découpe, les éleveurs n’étant que de simples prestataires. Il est temps de proposer un modèle français permettant aux éleveurs de la filière porcine de vivre décemment de leur labeur, et de produire de la viande de qualité et bonne pour la santé, en concentrant nos efforts sur notre marché intérieur.

Par | 2018-06-20T11:19:14+00:00 20 juin 2018|Interventions|

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Louis Aliot
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