Question écrite de Marion Maréchal-Le Pen

| Interventions - 28 janvier 2015
  • Marion Maréchal Le Pen

Mme Marion Maréchal-Le Pen interroge Mme la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le dispositif ELCO.

Le programme ELCO, régi par la circulaire n°75-148 du 9 avril 1975, a été institué pour optimiser l’adaptation des enfants des travailleurs migrants dans les établissements scolaires français.

La circulaire 76-128 du 30 mars 1976 ouvre les locaux scolaires des écoles élémentaires à l’enseignement de la langue maternelle des enfants des travailleurs migrants. Les objectifs des différentes directives et circulaires, à savoir aider à la progression d’une « langue seconde » (le français) par la maîtrise de la langue d’origine, paraissent en contradiction avec l’exigence d’assimilation. En effet, l’école doit transmettre une culture commune et ne saurait prendre en considération des spécificités individuelles et familiales, lesquelles relèvent de la sphère privée. De plus la directive européenne du 25 juillet 1977, légitimant ce programme à l’égard des enfants de migrants « afin notamment de faciliter leur réintégration éventuelle dans l’Etat membre d’origine », montre que celui-ci n’est plus en phase avec une immigration caractérisée par la sédentarisation dans le pays d’accueil.

La circulaire du 31 mai 2006 fait entrer les ELCO dans le champ des enseignements de linguistiques dispensés dans le cadre scolaire. Intégrer ces enseignements aux langues vivantes revient à bâtir des programmes nationaux basés sur des injonctions communautaristes et non sur les intérêts de la nation. Cette évolution est encore plus contestable car elle consiste en un renoncement de l’Ecole à transcender les origines pour permettre l’assimilation. Les ELCO font de l’Ecole un « creuset du communautarisme » au détriment du « creuset républicain ». Les enseignements aux contenus peu visibles, prodigués par des instituteurs choisis, formés et rémunérés par les pays d’origines, peuvent être sources de graves dérives : dégradation de la maîtrise du français pour les élèves en difficultés, replis identitaires, propagande religieuse radicale anti-laïque, hostilités à l’égard des valeurs françaises. La langue, structure de la culture collective, est le substrat par excellence de l’assimilation à la communauté nationale et l’instrument essentiel de la communication entre les citoyens.

C’est pourquoi elle demande si le programme ELCO ne devrait pas être supprimé dans le cadre du grand chantier national de la maîtrise du français et de l’apprentissage de la citoyenneté.

Par |2015-01-28T15:27:28+00:0028 janvier 2015|Interventions|

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