Redressement productif : les tartufferies d’Arnaud Montebourg

Redressement productif : les tartufferies d’Arnaud Montebourg 2013-01-03T12:47:55+00:00

De l’UMP au Parti Socialiste les politiques menées ne changent pas et les méthodes qui les accompagnent non plus. Le pouvoir réel ne se trouvant plus en France mais à Bruxelles, toute politique n’est qu’affaire de communication et de travestissement. Enfumage, esbroufe, agitation étaient déjà les techniques de prédilection de Nicolas Sarkozy, elles sont aujourd’hui celles des ministres du gouvernement Ayrault. Parmi ceux-ci Arnaud Montebourg apparaît comme le plus culotté, sacrifiant sans vergogne les idées qui ont fait son succès lors de la primaire socialiste pour un macaron ministériel. Sa « politique industrielle » aussi libérale, anti-sociale et contrainte par Bruxelles que la précédente est un échec patent. Tour d’horizon.

Depuis 2007, l’industrie française a perdu 500 000 emplois et la tendance s’amplifie sous les socialistes. Or comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on songe à la somme des promesses que François Hollande et son gouvernement n’ont pas respectées.

Son ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, devait être le sauveur de Florange, Pétroplus, Fralib, Doux et tant d’autres encore. Or chacun de ces dossiers s’est soldé par des renoncements et des reniements scandaleux, traduisant le plus souvent la faiblesse de l’Etat face à la grande finance et à ses « investisseurs » sans principe, ou face aux commissaires européens non élus, gardiens des dogmes ultralibéraux qui prévalent aujourd’hui en Europe pour le grand malheur des peuples.

Florange, futur Gandrange:

Après avoir promis d’entamer avec Mittal « un bras de fer » et évoqué la possibilité d’une nationalisation temporaire du site sidérurgiste de Florange, Arnaud Montebourg s’est couché devant les injonctions conjuguées du premier ministre et de Bruxelles. Humilié et affaibli, l’Etat semble incapable de faire respecter les accords passés avec Mittal, lequel procède pièce par pièce au désengagement d’ArcelorMittal du site de Florange. Le projet Ulcos retiré, les promesses d’investissements futurs n’ont aucune crédibilité et les salariés voient inéluctablement toutes les issues se fermer autour d’eux. Cette affaire, pour un site dont la viabilité économique a été démontré dans un rapport public en juillet 2012 (rapport Faure), est un scandale industriel qui à lui seul justifierait la démission immédiate de Monsieur Montebourg.

Pétroplus, déjà un an d’incertitudes :

La raffinerie normande est depuis des mois maintenant dans l’attente d’un repreneur tandis que le dépôt de bilan a effectivement été déposé au début de l’année 2012. Arnaud Montebourg s’était engagé au nom du gouvernement à faciliter la recherche d’un repreneur, se refusant toutefois à mettre lui même la main au portemonnaie pour un site, là encore, dont la potentialité industrielle est pourtant reconnue. Pétroplus suscite d’ailleurs la convoitise de nombreux groupes étrangers émiratis, libyens et même iraniens. Reste qu’à force d’immobilisme, l’activité du site s’est arrêtée le 15 décembre et les éventuels repreneurs ont jusqu’au 5 février 2013 pour déposer leurs dossiers. Pendant ce temps le gouvernement s’endort…

Fralib, les salariés contre le géant Unilever :

Arnaud Montebourg avait promis de forcer par la loi Unilever, propriétaire du site, à céder l’usine Fralib de Gemenos (Bouches-du-Rhône) de production de thé à ses salariés réunis en Scop. Mais il n’en a rien été et le dossier semble aujourd’hui abandonné par les pouvoirs publics, les salariés bataillant seuls sur le terrain juridique, suspendus aux décisions des tribunaux…

Doux, le groupe dépecé :

Dans cette affaire Arnaud Montebourg a assisté en spectateur impuissant au dépeçage des sites du volailler français, laissant à la justice le soin de trancher. Bilan : 1000 emplois sur 1700 supprimés et 4 sites fermés, le coût de l’inaction.

Technicolor :

Le sauvetage de l’usine Technicolor d’Angers était parmi les priorités déclarées du ministre du redressement productif depuis sa prise de fonction. Mais comme toujours les mots ne suffisent pas et n’impressionnent personne. Le 11 octobre 2012, le tribunal de commerce de Nanterre prononçait la liquidation du site, provoquant le licenciement brutal de 350 salariés. Des projets existent cependant pour la reconversion du site, racheté depuis par la communauté d’agglomération d’Angers.

PSA, 11 200 suppressions de postes !

Devant la fermeture annoncée du site d’Aulnay-sous-Bois d’ici à 2014, Arnaud Montebourg s’est contenté « d’organiser des réunions » entre syndicats et direction. Les chiffres des différents plans de restructuration du groupe honteusement nommés « Plan de Sauvegarde de l’emploi » (PSE) sont catastrophiques. Pour accompagner ainsi en douceur la mort de l’industrie automobile française, Arnaud Montebourg devrait être rebaptisé ministre des soins palliatifs… En apportant une garantie de 7 milliards d’euros à PSA Finance, l’Etat offrait pourtant au groupe l’assurance d’une sécuritaire financière précieuse. C’était sans compter une fois de plus sur la nuisance de Bruxelles qui considère cette garantie comme une aide directe de l’Etat.

Et les autres… :

Sanofi, Pilpa, IBM Montpelliers etc. la liste est longue des usines disparaissant, entrainant dans leur sillage la mort de nombreux sous-traitants PME et PMI. Parfois les sites touchés sont rentables ou appartiennent à des groupes aux bénéfices colossaux, mais toujours l’Etat se plie, tenu par une législation européenne lui interdisant toute intervention directe sans passer par les bureaux de la commission européenne. Et c’est ainsi que s’est organisée depuis 10 ans, à coup de fermetures et de délocalisations massives, la désindustrialisation de la France…

Saint-Nazaire, l’ombre de Bruxelles.

L’ingérence de Bruxelles dans les affaires économiques françaises est telle que non contente d’empêcher le sauvetage de sites industriels importants, la menace pèse également sur les grands marchés passés avec des groupes étrangers ou par la puissance publique ! C’est ainsi que le contrat pour la construction de paquebots géants par les chantiers STX de Saint-Nazaire (10 millions d’heures de travail à la clé pour les ouvriers) est suspendu au bon-vouloir de la commission européenne, saisie par la Finlande pour « contrôle du respect des règles de la concurrence ». Une aberration dont sont responsables l’ensemble de ceux qui ont permis l’adoption des Traités européens depuis Maastricht (UMP, PS, EELV, Front de Gauche, Modem, etc.), privant la France de sa souveraineté économique et donc politique.

L’emploi au Maroc : nouvelle priorité du gouvernement français !

Si Arnaud Montebourg ne s’illustre pas par son bilan industriel en France, nous ne pouvons en dire de même pour les efforts qu’il fait en faveur de l’emploi… au Maroc ! Aussi ahurissant que cela puisse paraître, le gouvernement français vient en effet d’accorder un prêt de 100 millions d’euros pour l’établissement d’une plate-forme multi-services (centre d’appels, informatique, etc.) au Maroc. La disette budgétaire invoquée pour ne pas sauver Pétroplus par exemple, ne semble pas freiner les projets en faveur de l’étranger. En plus d’apparaître comme une trahison à l’égard des travailleurs français, cette mesure constitue un véritable appel à la délocalisation, encadrée et financée par l’Etat !

 

Ré-industrialisation : les grandes lignes de notre projet

Les causes de la désindustrialisation de la France sont identifiées : problème de compétitivité, concurrence internationale déloyale, faiblesse du politique et délaissement des PME/PMI.

La priorité consiste donc d’abord à réarmer la France dans la mondialisation. Cela suppose la mise en place d’un protectionnisme intelligent aux frontières, impliquant la réactivation de droits de douanes ciblés et de contingentements mais aussi le vote de lois dites « de priorité nationale » comme il en existe dans tous les grands pays du monde (USA, Chine, Japon, Brésil, etc.) afin de favoriser les entreprises françaises dans l’accès aux marchés publics.

La compétitivité de nos entreprises ne sera assurée que par le retour à une monnaie nationale adaptée à notre économie. L’euro-mark qui a permis à l’Allemagne d’instaurer son hégémonie économique en Europe doit disparaître disparaitre de façon concertée et organisée. L’euro a plombé nos exportations au point que notre balance commerciale accusait en 2011 un déficit record de 70 milliards d’euros.

L’ensemble de ces politiques devront être supervisées par un Etat-stratège qui, en concertation avec les grands acteurs économiques, planifiera la relocalisation des usines en France. Les outils du protectionnisme économique évoqués plus haut permettront de recréer progressivement une offre française dans les domaines où elle a disparu.

De même l’Etat n’hésitera pas à intervenir, par la loi si nécessaire, pour sauver ce qu’il estime devoir l’être. Les secteurs stratégiques pour l’indépendance de la France feront l’objet d’une attention toute particulière (énergie, alimentation, transport, armement, matières premières, etc.). La nationalisation temporaire de sites industriels majeurs doit être envisagée comme une option réelle et un outil au service de l’emploi (et non comme un instrument rhétorique comme chez Monsieur Montebourg).

Enfin, une fiscalité progressive plus juste et plus efficace sur les entreprises sera mise en place pour soulager et favoriser l’activité des PME/PMI, premières créatrices d’emplois dans notre pays. Les dispositifs fiscaux en faveur de l’innovation et de la recherche seront étendus.

Il n’y a aucune fatalité en matière économique, il n’y a que des dogmes dont il faut savoir se défaire dans un esprit de redressement et d’effort national.