Agir pour sauver notre compétitivité, notre savoir-faire et nos emplois qualifiés

| Tribunes libres - 19 juin 2018
  • Lionel Tivoli

Tribune libre de Lionel Tivoli, Délégué Départemental du Rassemblement National des Alpes-Maritimes, Conseiller Régional de PACA

Pour les mondialistes, fédérés autour d’Emmanuel Macron, l’immigration semble régler tous les problèmes : même celui de l’emploi.

Pourtant, le chômage en France ne cesse de croître et les gouvernements successifs sont allés d’échec en échec.

Pour ces gens là, la solution de facilité et à vision court-termiste, c’est l’immigration.

Pour répondre aux réalités économiques, les États membres de l’Union européenne se sont lancés à la course à l’échalote pour attirer des compétences avec une approche sectorielle de la migration légale et des dispositifs d’admission flexibles qui répondraient aux priorités d’emploi de chaque État.

L’objectif clairement avoué de nos dirigeants politiques est le recours à la main d’œuvre hautement qualifiée étrangère, alors qu’en même temps, nous assistons à un exode massif de nos travailleurs qualifiés vers des destinations économiques plus attractives.

Certains secteurs comme l’ingénierie informatique, électronique ou même la mécanique se retrouvent en pénurie de candidats obligeant les entreprises françaises à recruter dans des pays étrangers ou pire à ne pas pourvoir des postes stratégiques pour leur évolution.
Cela est d’autant plus problématique que les talents recrutés dans des pays étrangers acceptent souvent des rémunérations largement inférieures à celles habituellement pratiquées en France. Prenons l’exemple d’un ingénieur en développement qui sort d’une école française : il sera embauché en début de carrière à environ 30.000€ / an alors que pour un niveau équivalent un ingénieur tunisien demandera 24.000€ /an.

Le paradoxe de l’existence d’une pénurie de candidats sur de nombreux secteurs métiers (40% des employeurs disent éprouver des difficultés à recruter) avec l’augmentation incessante du taux de chômage pose en outre la question de la pertinence du système éducatif, de la formation et de l’orientation dans notre pays.
En PACA, le nombre d’emplois non pourvus est estimé à 20.000 et de très nombreux employeurs expriment des difficultés à recruter alors qu’en même temps plus de 300.000 personnes cherchent un emploi selon l’observatoire régional de l’emploi et de la formation PACA (étude commandée par la Région).

Dans les Alpes-Maritimes, c’est 1/3 des embauches qui devraient sur l’année 2018 avoir des difficultés à trouver preneur …
Rien que dans le secteur du numérique, l’année dernière, en France, 50.000 postes étaient non pourvus. 191.000 le seraient à horizon 2022.

Par ailleurs, selon une étude réalisée par la société de conseil Clipperton les investissements dans les startups françaises ont bondi de 22% en une année. Nous savons que la dynamique des investissements dans un secteur s’accompagne toujours d’une hausse des besoins en profils qualifiés.

Fort de ces études et de ce constat, notre pays aurait dû prévoir ces changements. Certains pays avaient d’ailleurs anticipé cette hausse des besoins. C’est le cas de l’Ukraine, la Pologne, la Roumanie ou encore l’Inde. Ces pays à la main d’œuvre “Low cost” exercent une concurrence déloyale à la France en incitant au “off-shoring” informatique.

Alors ? La France serait-elle dans l’incapacité d’anticiper la grande transformation de l’emploi ? A tel point qu’elle serait vouée à demeurer une usine de fabrication de chômeurs et d’importation de main d’œuvre étrangère ?

Il faut préciser que dans l’intégralité des métiers en situation de pénurie les deux raisons principales sont (étude de Manpower Group):
– 24% le manque de candidats disponibles.
– 17% le manque de qualifications spécifiques.

Ces deux principales problématiques, avec une forte volonté politique, pourraient être réglées rapidement.
Il est urgent et primordial de :

– Créer un secrétariat dédié aux mutations économiques afin d’anticiper les évolutions de travail liées aux métiers des NTIC.
– Optimiser l’orientation scolaire et universitaire afin d’assurer une employabilité aux jeunes diplômés.
– Développer massivement l’alternance pour concrétiser les formations théoriques.
– Anticiper les évolutions et les métiers de demain pour préparer les programmes et les filières de formation en adéquation avec les attentes des entreprises.

Contrairement aux mondialistes qui font jouer la concurrence entre les actifs qualifiés sur le marché global, le Rassemblement National veut donner la priorité aux demandeurs d’emploi français, en mettant en place les moyens d’éducation, de formation et les outils d’anticipation des besoins du marché de l’emploi nécessaires. La croissance française doit créer de l’emploi en France, pour les Français.

Par | 2018-06-19T10:41:17+00:00 19 juin 2018|Tribunes libres|

À propos de l'auteur :