Urbanisme et écologisme urbain en France

| Tribunes libres - 25 avril 2018
  • Huguette Fatna

Tribune d’Huguette Fatna, conseillère régionale du groupe FN-IDF Bleu Marine, membre de la Commission Environnement et aménagement du territoire

L’idéologie du continuel « développement », tant vanté dans nos régions dans nombre de dispositifs, enlève à nos territoires toute respiration, tout espace non approprié non dévolu à une activité. Rappelons cette formule élémentaire consistant à dire que « toujours plus » ne signifie pas toujours « toujours mieux ».

L’urbanisme en France se trouve en effet au cœur d’un problème classique et majeur de société : où se situe l’équilibre entre la liberté et la nécessité de favoriser les dynamismes individuels, tout en créant une dynamique collective fondée sur une philosophie communément partagée et nécessitant des contraintes d’intérêt public ?

La question de l’aménagement en France ne date pas d’aujourd’hui. Jean-François Gravier, célèbre géographe français, s’était même penché sur la question de la macrocéphalie parisienne en 1947 au sein de son ouvrage phare Paris et le désert français. Dans nos régions, l’urbanisme subit depuis des dizaines d’années la dictature de la laideur, du non-sens ou du court-terme : cités-dortoirs sans horizon, zones pavillonnaires sans âme, juxtaposition d’immeubles sans style commun, quartiers délabrés et laissés à l’abandon entre deux rafistolages suivant les choix politiques du moment …

Ce constat rejoint l’avis de l’écologiste Antoine Waechter, qui écrivait que « l’évolution du paysage au cours du dernier demi-siècle est marqué par la banalisation, le désordre et l’appauvrissement. La banalité c’est la disparition des particularités, l’effacement des traits qui confèrent à un lieu sa personnalité.

Le désordre doit être compris comme perte d’harmonie, résultat d’une juxtaposition d’objets manifestement sans lien entre eux et avec leur environnement naturel. »

Il est donc primordial de ne pas oublier quelques fondamentaux en matière d’écologisme urbain. Un lieu doit d’abord être un lien : en effet, travailler, circuler, habiter ne désignent pas des fonctions isolables, mais des actes complexes se rapportant à la totalité de la vie sociale. Il faut faire de l’espace public urbain le lieu essentiel de la socialisation urbaine, le lieu compensateur de l’isolement touchant trop souvent les Français. Si l’homme contribue aux territoires, il s’exprime surtout par eux.

Par | 2018-04-25T13:21:36+00:00 25 avril 2018|Tribunes libres|

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