Discours de Marine Le Pen à Fréjus (16 septembre 2018)

| discours - 18 septembre 2018

Vers une révolution européenne.

Madame, Monsieur, chers amis,
Ou devrais-je vous appeler chers « soldats de l’an II. »

Vous qui êtes là, dans cette salle mais aussi dans le hall et devant vos téléviseurs, toujours fidèles lorsque l’intérêt supérieur du pays vous appelle, vous qui êtes là en cet an II, la deuxième année d’un quinquennat qui se voulait celui d’un nouveau monde et qui un an après donne l’image d’un pouvoir déjà essoufflé, affaibli, impuissant.

Ceux qui croyaient qu’une élection présidentielle suffisait à faire le printemps, que l’élection présidentielle avait arrêté le temps et avec lui la glissade de la France vers l’abîme, tous ceux-là doivent se rendre à l’évidence.

Emmanuel Macron n’incarne pas le début d’un cycle mais la fin d’un cycle.

On le voit mieux maintenant, à l’heure où tout le monde fait sa rentrée, lui donne l’impression de faire sa sortie.
Refusant l’échec d’une mondialisation qu’il a tant adorée et défendue, il persévère et même accélère la glissade contre toute logique, contre toute raison.

On le sent de plus en plus, Macron ne règle pas les problèmes, il gagne du temps. Il n’a pas de grande vision, il tâtonne. Il ne marche plus, il rame.

C’est dans les coups durs que l’on juge des personnalités : et il y a là de quoi être inquiet pour la présidence.

La piteuse affaire Benalla de police parallèle a montré bien sûr une drôle de conception bien peu républicaine du pouvoir mais surtout un président fuyant, un pouvoir absent, réduit à une communication arrogante et provocatrice.

La fuite en direct du ministre biodégradable Hulot a révélé les faux-semblants d’un gouvernement d’inconnus et l’inconsistance d’une majorité parlementaire de fantômes :
En un an, pas une seule personnalité d’envergure n’aura émergé, pas un grand politique ne se sera imposé, comme si la révolution promise par M. Macron n’avait eu aucun impact sur le renouvellement des élites.

On ne fait pas un film qu’avec des figurants, on ne gagne pas une guerre sans officiers, on ne conduit pas un pays sans une avant-garde éclairée, on ne dirige pas une grande république comme la France, seul, entouré de mercenaires de supermarché.

Finalement, au bout d’un an, le nouveau monde de M. Macron n’a réussi qu’à exhumer quelques vieux survivants du socialisme sulfureux comme l’ancien conseiller en communication de Kofi Yamgnane, le très mutualiste Richard Ferrand.

Vous parlez d’un renouveau de la vie politique !
Ce qui étonne ce ne sont pas les difficultés de M. Macron, tous les présidents en connaissent.
Ce qui étonne, c’est la vitesse avec laquelle se sera déréglée la machine « Macron ».
Ce qui étonne, c’est le délitement de la startup « En marche » qui à l’évidence n’aura pas trouvé son business modèle.
Comme dit le poète (Lamartine): « un jour tombe, l’autre se lève »
Ce pouvoir qui se voulait bâti sur le socle de la nouveauté, de l’action et de la compétence est face à son premier bilan :
Le candidat pro-business devenu président affiche les plus mauvais résultats économiques de la zone euro :

– le « choc de croissance » ne s’est pas produit et la France affiche la croissance la plus faible de la zone euro, avec une prévision de la Banque de France d’à peine 1,6 % au lieu des 2 promis, tant en 2019 qu’en 2020 ;

– la dette a explosé de plus de 40 milliards ce qui la porte à 97,3 % du PIB soit 2255 milliards d’euros, non loin de la barre symbolique des 100 % de PIB ;

– les dépenses publiques progressent de 25 milliards alors que le déficit continue de se creuser.

– si l’on prend les trois catégories A, B, C le chômage continue sa progression et avec 5 941 200 chômeurs, il augmente de 1,5 % sur 1 an ;

Ces résultats macro-économiques montrent que le choc de confiance, nécessaire en économie, n’a pas eu lieu ; les lois de dérèglementation sociale n’ont ni libéré, ni créé l’emploi ni rétabli et rassuré les entreprises.

Elles n’ont qu’ajouté à la précarité.

Ces résultats montrent que les théories « du ruisselement » ou « du premier de cordée » servies par le pouvoir pour justifier les cadeaux aux très riches, relèvent du raisonnement biaisé d’un banquier d’affaires.

En étant totalement inefficace d’un point de vue économique, cette politique pour les très riches a eu un impact direct et lourd sur la vie de la très grande majorité des Français :

– C’est tout d’abord l’argent qu’on vous a pris dans votre poche :
Le choc de croissance n’a pas eu lieu mais le choc fiscal, lui, a fait mal :

– Le prix de l’essence s’est enflammé : Rendez-vous compte : en 2007 avec un baril à 65 euros l’essence était à 1 euro 04 ; aujourd’hui avec un baril au même prix le coût à la pompe est de 1 euro 61 et le prix du fioul domestique a fait un saut de 2,6 % en 1 an;

Lorsque le prix du carburant augmente dans ces proportions, cela met en cause la liberté de circuler.
Pour un gouvernement qui a fait de la mobilité une obsession, c’est cruel !

– le gaz a augmenté de 7,45 % au 1 er juillet (je le rappelle c’est un tarif réglementé)

– A cela, s’ajoutent la hausse et les conditions drastiques du contrôle technique, l’augmentation du prix du timbre, du tabac qui verra en 2020 le paquet à 10 euros, et ce sans compter la future redevance télé qu’ils souhaitent faire payer à tous, y compris à ceux qui n’ont pas de TV !

– l’effondrement du pouvoir d’achat notamment des retraités avec l’effet conjoint de la hausse de la CSG et du blocage des pensions ; les retraités parce que réputés « improductifs » aux yeux de M. Macron sont visiblement désignés comme les souffre-douleurs du gouvernement; ils sont d’ailleurs les grands absents du plan pauvreté du gouvernement.

– Et l’on peut ajouter la baisse des AP, la restriction des dispositifs en faveur des handicapés, le gel des allocations familiales …

Et justement concernant les familles, on voit poindre avec le prélèvement à la source, l’individualisation fiscale qui tend à supprimer le quotient familial, c’est-à-dire la prise en compte des charges de famille dans le calcul de l’impôt et probablement l’espoir de la mise en place d’une CSG progressive, vieux dada de Bercy depuis 30 ans.

Demain, le projet de réforme des retraites entrainera une baisse généralisée pour les millions de salariés du privé et la dégressivité envisagée des allocations chômage, touchera de plein fouet les cadres qui croyaient être préservés par la politique régressiste d’Emmanuel Macron.

Mais ils ne s’arrêteront pas là, puisqu’aujourd’hui Monsieur Castaner a annoncé qu’ils allaient s’attaquer au patrimoine des Français par une réforme des droits de succession.

Après l’impôt sur la « fortune » immobilière, il ne sera plus, ni possible, ni souhaitable, de se constituer un patrimoine pour le léguer à ses enfants.

A cela aussi, nous nous opposerons, nous sommes le parti de la transmission.
L’aide aux Français en difficulté, ça coûte « un pognon dingue », nous dit M. Macron devant sa vaisselle à 500 000 euros !

Cette politique d’Emmanuel Macron, je le dis avec gravité, est profondément attentatoire à l’identité sociale de la France.

Que l’on fasse des économies oui, mais pas sur le dos des Français qui ont le plus besoin de la solidarité nationale.

Faire des économies, c’est arrêter le puits sans fond de la prise en charge de l’immigration, le « pognon de dingue » que nous coûte l’Union européenne qui s’en sert pour nous contraindre et nous affaiblir, c’est arrêter les gaspillages de l’argent public, c’est mieux utiliser l’argent public, c’est rendre aux Français le fruit de leur travail.

Relancer l’économie c’est soulager les entreprises de la paperasse à l’heure où le prélèvement à la source fait d’elles les nouveaux collecteurs d’impôts, c’est leur garantir la stabilité juridique, l’accès égal aux marchés publics, les conditions d’une concurrence loyale face au dumping monétaire, social, environnemental des entreprises étrangères.

C’est mettre en œuvre le patriotisme économique et un protectionnisme raisonnable comme le font de plus en plus de pays dans le monde.

C’est penser aux petites et moyennes entreprises qui sont le moteur de la création d’emplois.

Sur la méthode, le candidat Macron avait vendu l’énergie, la volonté, la capacité à réformer.

Un an après, il montre le visage d’un dirigeant devenu fébrile et insultant, d’un dirigeant qui est certes issu de la caste de Bercy, mais qui n’a pas su prendre le pas sur l’oligarchie administrative :
On l’a vu avec la hiérarchie militaire et la crise avec le général de Villiers ; on l’a vu avec le Ministère de l’Intérieur et la guerre au couteau entre l’Elysée et la Place Beauvau lors de l’affaire Benalla; on l’a vu sur le prélèvement à la source avec l’arbitrage victorieux de la technocratie de Bercy sur la volonté présidentielle.

Bref dans le costume du chef de l’Etat, on a quelqu’un qui n’est pas vraiment le chef de ce qu’il reste de l’Etat.

Le premier devoir de l’homme d’Etat aurait été de restaurer l’Etat, et de le mettre au service de la volonté du peuple démocratiquement exprimée.

En un an, il n’a pas redonné à l’autorité politique la main sur un Etat qui semble ne plus fonctionner que par lui-même, en dehors de toute décision démocratique.

C’est là davantage qu’un échec, une faute.

Même la volonté de rendre à la fonction présidentielle sa dignité s’est fracassée sur la relégation de l’Elysée en boîte de nuit transformiste, et sur quelques tee-shirts ou mugs démontrant un penchant puéril et ridicule pour l’autopromotion et le nombrilisme.

Et puis il y a la soumission à Bruxelles et à sa folle politique immigrationniste : aujourd’hui les préfets n’ont plus qu’une seule activité : l’implantation de migrants.

Ils ne s’occupent plus que de cela : acheminer les migrants par bateaux, par avion, par car ; les régulariser, les nourrir, les loger, les soigner, leur trouver des formations, leur organiser une priorité d’emploi…

Pour cette folle politique qui exaspère une majorité de Français, l’argent coule à flot.

Rien n’est trop beau : la rénovation des locaux, la mise à disposition de châteaux, d’hôtels, de casernes, de maisons de retraite, des accompagnateurs, de l’argent de poche, des stages…

Les Français doivent savoir qu’un migrant mineur coûte 4 200 euros par mois, que l’AME c’est-à-dire l’aide médicale aux clandestins leur coûte 2 milliards par an !

2 milliards par an… tiens ? Exactement le montant que propose Emmanuel Macron par an pour faire reculer la pauvreté, mais de 8,8 millions de nos compatriotes.

Il n’y a plus d’argent, plus d’argent pour l’aide au logement des Français mais il y en a pour l’immigration !

Il n’y a plus d’argent, plus d’argent pour le pouvoir d’achat des retraités, pour les handicapés ou pour les familles mais il y en a pour l’immigration !

Il n’y a plus d’argent pour équiper la police, mais il y en a pour l’immigration !

Alors qu’en trente ans, il n’y a jamais eu d’argent pour les SDF français qui meurent dans les rues de froid, aujourd’hui on trouve sans problème des dizaines de milliers de places d’hébergement : tout est réquisitionné et même le logement de migrants chez les particuliers donne lieu à un subventionnement.

Dans le même temps, la propagande officielle fonctionne à plein tube : on nous invente des fables : les migrants tous ingénieurs et tous médecins ; les réfugiés de guerre alors qu’il s’agit pour la très grande majorité d’exilés économiques, les prétendues migrations familiales alors qu’il suffit de voir les embarcations pour comprendre qu’il s’agit de jeunes hommes d’une vingtaine d’années qui entrent en masse en Europe, jusqu’à certains bénéficiaires du droit d’asile qui vont tranquillement passer leurs vacances dans le pays qu’ils ont pourtant fui, car ils y étaient, à leurs dires, en danger.

Pendant ce temps, probablement de vrais persécutés se rongent les sangs de voir l’escroquerie qu’est devenue la procédure d’asile, eux qui méritent notre protection.

Ce que nous vivons Mesdames et Messieurs, c’est la submersion de l’Europe et la submersion silencieuse de la France.

Cette folle politique s’incarne dans le sort réservé à Châteaudouble, petit village à une heure d’ici.

Un village où nous avons réuni 30 % des voix au premier tour de la présidentielle et 45 au second tour.

Ce village au beau nom issu du Moyen Âge, joyau du patrimoine varois qui domine des gorges majestueuses et verdoyantes se voit contraint par décision préfectorale autoritaire d’installer 72 migrants, 72 migrants sur 477 habitants !

J’ai tenu à me rendre moi-même accompagnée de vos élus de la région, David, Frédéric, Philippe et beaucoup d’autres.

Au milieu de ces pierres dures et éternelles que des siècles ont montées et qui se confondent encore aujourd’hui avec la montagne, au milieu de ces façades sculptées de roses croix qui nous parlent encore de la tumultueuse histoire des Templiers gardiens de la Dracénie, sur ces sentiers caladés qu’empruntent les promeneurs, je suis venue dire des vérités, dire tout simplement la vérité.

Je suis venue dire à tous les habitants de ces villages dans notre pays qui vivent la même chose que j’étais à leurs côtés.

Cela relève de la fonction tribunitienne du politique, de décrire avec des mots ce que les gens ont sous les yeux, mais que parfois ils ne voient pas, n’analysent pas ou dont ils ne perçoivent pas tout à fait la portée.

Ce village, si merveilleusement français, si intensément provençal est menacé par une décision venue d’en haut, de très haut, même pas de la préfecture où officie une haute fonction publique sans repère, même pas de Paris où siège un président sans attaches mais de Bruxelles où des commissaires anonymes et gris ont décidé de leur immeuble de verre, la fin des nations, avec la complicité de la gauche française et de la droite française qui ont, au Parlement européen, entériné ces installations forcées.

Ce qui se passe dans un charmant endroit comme Châteaudouble se passe partout en France, dans des dizaines de nos villes, de nos villages :

– Saint Macaire,
– Ares,
– La réole,
– Langon,
– Decazeville,
– Sens de Bretagne,
– Saint Georges de Reintembault,
– Peylevade,
– Saint Eloy les Mines,
– Bray Sur Seine,
– Onet le Château,
– Chambon le Château,
– Etc…

Ces décisions autoritaires n’ont été concertées ni avec la population, ni avec la région, ni avec les élus.

Elles ont été prises en catimini par le Préfet.

Ce sont des décisions honteuses à tous les titres, tellement honteuses que les préfets les exécutent de nuit en faisant venir les migrants par petits groupes.

Non seulement nous vivons une submersion, mais une submersion honteuse et silencieuse.

Ce qui domine dans cette affaire tout d’abord, c’est la légèreté de décisions administratives inconsidérées, irréfléchies, irresponsables, c’est le mépris par les pouvoirs publics des équilibres démographiques objectifs, c’est le mépris des gens, c’est le mépris de l’identité de nos pays sacrifiés à une folle vision idéologique.

Cela se résume en une formule : Aujourd’hui, l’Etat joue contre la Nation !

Nous, nous voulons mettre l’Etat au service de la nation.

Ces villages volontairement réquisitionnés pour accueillir des migrants, sans le vouloir, sont devenus le symbole d’un phénomène d’ampleur européenne qui emporte des drames humains que je ne veux pas éluder et qui font partie du problème.

C’est aussi la violation de nos valeurs avec le soutien de nos états à un lucratif trafic d’êtres humains, l’effondrement programmé des niveaux de salaires au profit de puissances d’argent et, au bout du compte, un projet incompréhensible d’incitation à l’immigration clandestine, alors que c’est exactement l’inverse qu’il faudrait faire : une politique dissuasive d’immigration.
En faisant ce choix, le nombre de migrants arrivés en Italie depuis Salvini a baissé de 65 %.

Ces installations dans nos villages viennent montrer aux Français, à chaque Français, que les images des débarquements sauvages sur les plages, de la noria des bateaux d’ONG en Méditerranée ou les prises d’assaut des frontières de Ceuta et Melilla ne relèvent pas d’un feuilleton télévisé lointain qui ne les concernerait pas, mais d’une réalité qui les rattrapera.

Ces villages que je vous ai cités, disent qu’aucun coin de France, même le plus reculé, même le plus sacré n’est plus à l’abri : à quand des migrants dans le château de Versailles !

Et que l’on ne s’y trompe pas : l’expérience des grands centres urbains, de nos banlieues comme de nos voisins européens, nous indique la suite de cette immigration de masse : la ghettoïsation, le communautarisme, la délinquance et pour finir, la fuite des habitants.

Ces villages témoignent enfin du double langage des politiciens.

Sur les tribunes, M. Wauquiez dénonce la submersion migratoire ; comme président de région Auvergne Rhône-Alpes, il finance avec l’argent des contribuables l’association « Forum réfugies-cosi », celle-là même qui va les installer à Châteaudouble.

Remarquez, c’est là de sa part cohérent avec les votes de ses élus LR en faveur des quotas de migrants que j’évoquais tout à l’heure ou leurs votes de sanction contre la Hongrie d’Orban qui a dit non à la submersion.

Le Préfet qui a pris cette décision a -t-il seulement conscience de ce qu’il fait ou applique-t-il servilement une décision sans en comprendre la portée ?

A-t-il conscience de l’entreprise délétère à laquelle il participe ?

Et derrière cette affaire on voit les rouages d’une mécanique bien rodée.

Des petits maires qui n’ont pas le poids pour s’opposer aux préfets.

Des associations qui ne représentent qu’elles-mêmes, mais vivent de subventions publiques.

On a vu le rôle des ONG dans ce qu’il faut bien appeler un trafic mondial d’êtres humains.

Le phénomène que nous avons sous les yeux et que nous vivons concrètement ne relève plus de l’« immigration », l’ancienne immigration qui procédait vous le savez essentiellement de décisions individuelles.

Nous sommes en face de « migrations » selon la sémantique européiste, c’est-à-dire d’un processus qui met en jeu des transferts massifs de population d’un continent à l’autre.

Les migrants ne rejoignent plus un pays, ils rejoignent une communauté, celle de leur pays d’origine installée dans un pays.

Ces migrations sont d’une ampleur sans précédent.

Le 21 septembre 1991, dans une tribune du Figaro magazine, le Président Giscard d’Estaing mettait les Français en garde contre l’immigration- invasion. La droite a bien changé !
Ce phénomène possède trois caractéristiques :

– 1) cette submersion est issue d’une décision politique formelle des dirigeants européistes : on peut même la dater exactement.
Comme le regroupement familial en France qui le 29 avril 1976 a changé la nature d’une immigration de travail à une immigration familiale, le coup d’envoi de la politique de « migration » date du 5 septembre 2015, le jour où la chancelière de l’Union européenne, Mme Merkel, a déclaré grandes ouvertes les portes de l’Europe.
Avec nous, la politique migratoire de l’Europe changera et c’est évidemment un des grands enjeux des élections européennes.

– 2 ème caractéristique : cette submersion est organisée méticuleusement.
Avec nous, l’Aquarius n’accostera plus sur les côtes françaises !

– 3 ème caractéristique : Aucun de nos villages ne sera épargné tant le réservoir pour ces migrations mondiales vers l’Europe est sans fin et sans limites.
Avec nous, la France redeviendra maîtresse de ses frontières.

Mes amis, jamais dans l’histoire des hommes, nous n’avons vu de peuple qui organise ainsi volontairement la submersion irréversible de son territoire, jamais nous n’avons vu une nation qui organise sciemment la ruine de ses comptes sociaux, planifie la remise en cause de sa culture et programme ainsi la disparition de son identité.

Et le déni est de mise.

J’ose dire que cette déferlante aggrave encore les problèmes de sécurité, on le voit avec les actes délictueux commis par des migrants dont les gazettes taisent volontairement le statut en France, mais aussi chez nos voisins et notamment en Allemagne.

A-t-on besoin d’en rajouter à l’insécurité ambiante ?

En matière de sécurité, les chiffres démontrent un niveau de délinquance insupportable qui s’étend des villes vers les campagnes, mais dont l’essentiel des actes provient de ces quartiers hors contrôle, ces zones de non-droit qui ont pullulée dans les 20 dernières années.

Nous assistons également à un ensauvagement de la société avec ces meurtres gratuits qui sont le fait de terroristes, mais aussi d’individus ultraviolents qui vous poignardent pour un regard, une cigarette ou parce que vous avez le malheur de les croiser dans la rue.

Là aussi, le déni est de mise quand on préfère classer dans la catégorie « coup de folie » des actes qui relèvent manifestement d’autre chose et notamment d’une volonté de semer la terreur dans nos rues.

Nous ne voulons plus que les Français, sans s’en rendre compte, adoptent des postures d’évitement, changent leur mode de vie, descendent des trottoirs, baissent les yeux, évitent des rues ou des quartiers, adaptant leurs heures de sortie, leurs habitudes vestimentaires, à cause de cette pression odieuse et quotidienne que font peser sur eux cette délinquance et cette criminalité nouvelle ?

Ils ne doivent, en aucun cas, s’habituer, car cet ensauvagement n’est pas une fatalité, mais la conséquence d’un choix politique.

Ils doivent avoir conscience que c’est une atteinte à leur dignité et à leur liberté que d’adapter son existence aux méfaits des malfrats et des voyous.

N’y a-t-il rien de pire pour une mère que de se demander si l’un de ses enfants rayonnants de vie ne va pas trouver la mort pour une broutille lors d’une sortie ?

Cette « France Orange mécanique », nous n’en voulons pas.

Nous appelons à la répression très sévère des ports d’arme prohibés, de couteaux qui ne font aujourd’hui l’objet que de rappels à la loi.

Nous appelons à la tolérance zéro, notamment pour les agressions gratuites, qu’elles touchent les citoyens, les personnels soignants des hôpitaux, les médecins urgentistes, les policiers ou les pompiers.

Et plus largement, nous combattrons de toutes nos forces la politique de Beloubet-Taubira qui consiste à traiter l’explosion de la délinquance en vidant les prisons.

On le voit, dans le nouveau monde de M. Macron, on n’en a pas fini avec le poison de la culture de l’excuse, cette vieille lune soixante-huitarde qui dissout progressivement le lien social et met en place une société de prédateurs et de gibiers.

Oui, nous affirmons que la délinquance n’est pas seulement une atteinte à la liberté des personnes mais une atteinte à leur honneur et à leur dignité et qu’à cet égard toute tolérance pour des criminels n’est pas acceptable.

La tâche est immense. Mais je veux vous appeler à l’espérance.

La grande bataille des européennes qui s’ouvre peut tout changer. A nous d’être au rendez-vous que l’histoire nous fixe.

Nous sommes comme la Ligue italienne de Mattéo Salvini ou le FPO autrichien de Heinz-Christian Strache, dont je salue les représentants ici présents, des partis qui défendent bec et ongle nos Nations et notre civilisation.

Nous luttons chacun dans notre pays pour quelque chose de supérieur, quelque chose qui dépasse les simples contingences politiques.

Le grand mouvement national que nous incarnons dans nos pays respectifs et dont le Front National a été le précurseur gagne l’Europe, toute l’Europe.

Nous vivons un grand basculement politique qu’il n’est pas abusif de qualifier d’historique.
Ce basculement nous le voyons s’opérer en France comme en Europe.

– En France, où le clivage nationaux/mondialistes s’impose, confirmant ainsi la présidentielle. Le dernier sondage Odexa publié avant-hier nous donne au coude à coude avec la République en Marche à 21 % des voix. Puisqu’Emmanuel Macron nous a dit de venir le chercher, nos électeurs lui répondent immédiatement « on arrive » ! Les anciens partis comme LR ou le PS figés dans l’ancien clivage droite/gauche sont quant à eux relégués au rang de figurants ;

– Ce grand basculement politique s’opère aussi en Europe avec cette même recomposition politique qui s’impose partout. Dans toutes les élections, les mouvements nationaux enregistrent des succès électoraux grandissants comme récemment en Suède et le mois prochain en Bavière. En Hongrie, en Pologne, en Italie, en Autriche nos idées sont déjà au pouvoir.

Ce mouvement est mondial, il s’était déjà imposé en Inde, en Chine, en Russie.

Le Brexit, comme l’élection de Donald Trump, s’inscrit dans ce raz-de-marée qui porte la défense des intérêts nationaux, et voit le retour des frontières et la résurrection des souverainetés.
En clair nous assistons partout au triomphe des peuples.

On le constate, c’est une lame de fond qui parcourt le monde.

Je vous le disais lors de l’élection présidentielle : nous faisons face à deux totalitarismes : celui de l’obscurantisme nihiliste et celui de l’argent.

En 1979, la révolution iranienne a porté avec elle la montée du totalitarisme islamiste qu’il nous faut éradiquer aujourd’hui en Europe.

Nous nous y emploierons.

Dix ans plus tard, en 1989, la chute du mur de Berlin, moment de joie intense pour les défenseurs de la liberté que nous sommes, a donné le sentiment au capitalisme sauvage qu’il avait gagné et qu’il n’y avait dès lors plus de limites à l’affairisme, poussant le consumérisme et le productivisme jusqu’à la marchandisation du monde et des gens.

Comme l’a rappelé Hervé Juvin dans son intervention de ce matin, et c’est toute la contradiction fondamentale de nos adversaires, le mondialisme est incompatible avec l’écologie, avec le juste équilibre du monde.

La parenthèse mondialiste se referme, c’est bien pour le monde, pour la planète et pour les gens.

Il ne reste plus que M. Macron, pour croire que le projet mondialiste est viable et que l’Union Européenne qui en était l’instrument aurait un avenir.

Je veux dénoncer ici solennellement une première supercherie.

L’Union européenne, ce n’est pas l’Europe.

L’Union Européenne c’est une construction idéologique, c’est une institution dirigée par un pouvoir anonyme qui gère de manière centralisée un espace non délimité qui peut aller jusqu’à la Turquie ou le Maghreb, un espace qui ne se raccroche à aucune histoire, aucune racine, aucune tradition et un espace qui n’a, en réalité, aucune force, ni puissance et d’autre avenir que la dissolution dans un magma mondial.

Pour résumer, l’Union Européenne nuit gravement à l’Europe.

Leur Union Européenne est aussi grise que le costume de Junker, aussi triste et désincarnée qu’un billet d’euros, aussi malfaisante que leurs résultats économiques et sociaux.

L’Union Européenne ou devrais- je dire comme Viktor Orban, qui sait de quoi il parle, l’UERSS, c’est une dictature populicide comme le dénonce Michel Onfray qui use de violence contre les peuples comme les Britanniques ou les Polonais qui ne se soumettent pas à sa loi et use de chantage contre tous les autres.

L’Union Européenne ne défend pas l’Europe, elle effondre l’idée européenne.

Pire, elle organise sa destruction par la submersion migratoire, par sa soumission aux oligarchies financières, par la régression de nos systèmes de protections sociales, par la destruction de nos identités, par des traités de libre-échange qui organisent le pillage de nos territoires et de notre économie.

Notre Europe est vivante.

Elle n’a pas 60 ans mais vient de la nuit des temps.

Elle regarde vers Athènes et vers Rome.

De ses racines chrétiennes, de son siècle des Lumières, de son histoire plurimillénaire, elle puise ses valeurs de civilisation.

Notre Europe c’est celle de la diversité, d’une multitude de langues, des cultures si différentes et si riches qui composent, colorent et vivifient notre continent, une Europe qui s’enrichit des singularités nationales.

Notre Europe est réelle.

Notre Europe, c’est une valeur suprême, celle de la liberté : la liberté des individus et la liberté des peuples qu’on appelle souveraineté.

Nous qui sommes les vrais Européens, opposés aux européistes, c’est à nous qu’il appartient d’user de notre liberté pour redonner vie à la belle idée européenne, celle d’une Europe qui laisse les peuples libres de décider s’ils veulent en être, libres de coopérer ou de ne pas coopérer, libres de choisir les domaines de coopération, libres d’en sortir s’ils en expriment le désir.

Comme le disait Hervé Juvin ce matin, le combat des Nations contre l’Union Européenne est un combat d’indépendance.

Ce sont les nations qui vont reconstruire et sauver l’Europe !

Ce que nous vivons, c’est ce qu’évoquait déjà Victor Hugo:« La grande guerre des patries, La chute immense des tyrans. »

Ce projet qui fera face au projet de l’Union Européenne, nous l’appellerons l’Union des Nations Européennes.

Le 26 mai ce sera l’Union des Nations Européennes (l’UNE) contre l’UE.

Les Nations contre la Commission.

Le passage de l’UE à L’UNE se fera selon un calendrier et des modalités techniques, juridiques, diplomatiques et politiques décidées par la nouvelle assemblée.

La vague nationale qui monte va prendre toute sa force durant les huit mois qui nous séparent des élections européennes pour balayer de sa puissance ce monde ancien.

Pour la première fois dans l’histoire de ce scrutin, les électeurs auront le choix d’un vrai projet alternatif porté dans toute l’Europe et l’espérance d’une majorité au Parlement européen pour le mettre en œuvre.

La campagne, nous entendons la mener en liaison avec nos alliés européens du groupe des Nations et des Libertés au Parlement européen : des alliances pendant les campagnes et des convergences une fois élus.

Aujourd’hui, ce n’est plus nous qui sommes isolés, c’est eux, c’est Mme Merkel qui perd du pouvoir chaque jour davantage, c’est le titubant M. Juncker et c’est Emmanuel Macron, le président funambule qui marche dans le vide.

C’est Tsipras, l’allié de Mélenchon, qui se couche et Salvini, notre ami, qui se lève !

Notre objectif dans cette élection est double :
– En France, dépasser la liste mondialiste d’Emmanuel Macron et comme en 2014 sortir en tête de cette élection ;
– En Europe, constituer avec nos alliés et les autres groupes anti-européistes une majorité pour rompre avec la déliquescente Union Européenne et s’acheminer vers une coopération des nations respectueuse de leur diversité et de leur identité propre.

Vous le voyez mes amis, nous sommes loin des petites ambitions électoralistes des défenseurs d’un système qui vit ces derniers moments.

Notre liberté, nos Nations, notre civilisation, notre Europe, la vraie, voilà nos combats. Et ces combats gagnés, nous retrouverons la sécurité pour nos peuples, la fierté d’être ce que nous sommes et un avenir pacifié, serein pour nos descendants.

Aucun Français ne peut se désintéresser de l’élection européenne qui se profile, tous doivent savoir que c’est actuellement là que se décide la politique d’immigration, la règlementation et la bureaucratie qui leur empoisonnent la vie, la déréglementation des importations qui leur empoissonne l’assiette, la dérégulation et la concurrence forcée qui affaiblissent leurs services publics, les critères budgétaires qui exigent l’austérité et l’appauvrissement.

Mesdames et Messieurs chers amis, les événements nous donnent rendez-vous, un rendez-vous que nous ne pouvons pas manquer, que nous n’avons pas droit de manquer parce que c’est un rendez-vous avec l’Histoire avec un grand H.

Pour vous les militants de la cause nationale les plus anciens qui avez tant lutté, qui avez tant donné, qui avez parfois tant souffert, je vous le dis, le moment est venu.

Les efforts, les sacrifices que vous avez consentis durant tant d’années avec pour seul espoir le salut de la patrie vont être récompensés.

Vous, vieux marins, qui avez traversé tant de mers déchaînées, vous savez maintenant que la terre est en vue.

Avec les plus jeunes qui nous ont rejoints, nous allons avoir la chance de vivre un moment historique, un moment où chacun d’entre vous va rencontrer son destin, un moment qui plus largement ne changera pas simplement la vie politique, mais le cours des évènements.
C’est à nous, en effet, qu’il revient de bâtir et mettre en œuvre le grand projet de redressement de la France et de l’Europe.

Vous allez avoir la chance de vivre des moments exaltants, de rencontrer l’histoire, la grande histoire des hommes et du monde.

C’est à cette formidable aventure humaine qui va nous unir dans ce grand et beau combat pour la patrie, que j’appelle tous les patriotes, tous ceux qui veulent participer à cette belle et fraternelle aventure qui s’appelle la France.

Venez tel que vous êtes, avec la richesse de vos parcours respectifs, avec votre énergie, avec la passion qui vous anime et que nous partageons pour la France.

À l’image des soldats de l’an deux, “ces va-nu-pieds marchant sur le monde ébloui”, notre armée est pauvre matériellement mais riche humainement, portée par un idéal de justice, portée par l’amour du pays et la fraternité qui nous lie indéfectiblement aux peuples d’Europe.

Mes amis,
L’histoire nous appelle
Nous lui répondons ” on arrive”
Vive l’Europe, la vraie !
Vive la France !

À propos de l'auteur :

Marine Le Pen
Marine Le Pen
Présidente

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2018-09-18T14:35:42+00:00