Fête du Drapeau : discours de Marine Le Pen (23/09/2018)

| discours - 24 septembre 2018

Source : https://www.facebook.com/MarineLePen/videos/vl.840156612707816/472399659984672

Mesdames et messieurs, chers amis,

Il n’y a plus de saison.

Je ne le dis pas seulement parce que l’été a pris congé dans le calendrier mais reste présent avec cette douceur des températures, malgré les trombes d’eau.

Mais parce j’ai le sentiment qu’après l’été ce n’est pas l’automne, mais le printemps, comme si les saisons étaient bouleversées.

  • Le printemps des peuples avec des résultats qui, partout en Europe, ensoleillent les journées d’élection comme en Suède récemment et bientôt en Bavière ;
  • Le printemps pour nos idées qui fleurissent dans le cœur d’un nombre croissant de Français comme en témoignent les enquêtes d’opinion et les témoignages et contacts que nous pouvons avoir ;
  • Le printemps pour notre mouvement, le Rassemblement National, qui apparaît de jour en jour comme la première force d’opposition face à Emmanuel Macron.

Puisque nous nous retrouvons ici dans cette ville de Mantes la Ville, qu’il me soit permis de féliciter notre maire Cyril Nauth et son équipe pour l’excellent travail qu’ils poursuivent ici dans cette belle ville de Mantes, une ville gagnée dans des conditions difficiles, mais que la rigueur de la gestion municipale sort à grands pas de ses difficultés.

Comme tous nos maires si courageux et si dévoués au bien public, Cyril montre combien il est possible d’agir efficacement avec pour seule motivation de servir.

Je ne doute pas que leur action donnera, par l’exemple de la réussite, un formidable élan à notre mouvement pour les municipales.

Nous savons que la politique est difficile.

Nous savons que, parce que nous sommes des dissidents, rien ne nous est épargné.

Chaque jour, le système nous distille une persécution supplémentaire :

  • un jour une perquisition, un autre jour une mise en examen …. dans une même affaire depuis trois ans, contestable, instruite à la demande de nos adversaires de l’Union Européenne par deux juges politisés appartenant au syndicat de la magistrature d’extrême gauche,
  • un jour des poursuites pénales contre notre responsable Muriel Coativy pour avoir osé brandir une banderole « les Français d’abord » et un autre jour la mise en examen de Steeve Briois pour avoir demandé la préférence nationale,
  • Un jour le blocage de nos comptes bancaires pour des mois, un autre jour l’impossibilité d’ouvrir un compte de campagne pour se présenter aux élections : à Oignies où nous nous présentons à une élection partielle, notre candidat s’est vu refuser un compte (pourtant obligatoire pour se présenter) par onze banques, …

Pensez que nous, premier parti d’opposition de France, nous n’avons même pas de carnet de chèques.

Et puis vous le savez, il y a maintenant les condamnations préventives où l’on essaye de nous ruiner avant même toute condamnation, avant même que l’instruction soit achevée, preuve d’une partialité indigne des juges d’instruction.

Vous observerez que pour d’autres formations aux quelles il est reproché les mêmes prétendues infractions, la justice se hâte lentement, très lentement.

Vous observerez que les plaintes pour l’affaire du « mur des cons » n’avancent guère.

On a fait application pour nous subtiliser notre argent, d’un texte pour le grand banditisme et la saisie de biens liés, par exemple, au trafic de drogue.

Qui peut croire qu’une subvention publique ait une origine frauduleuse ? Personne !

On le voit, il y a là un abus juridique manifeste qui nous fait sortir de l’état de droit.

Nous attendons la décision du 26 septembre avec confiance car le droit est de notre côté.

La dernière trouvaille en date, c’est d’ordonner à mon encontre une expertise psychiatrique.

L’ordonnance -c’est vous dire le sérieux du magistrat- donne mission au médecin de déceler si je suis « en mesure de comprendre les propos et de répondre aux questions », “dire si l’examen révèle chez elle des anomalies mentales ou psychiques”, “dire si l’intéressée était atteinte au moment de faits d’un trouble psychique”, ou encore si “l’infraction reprochée au sujet est en relation avec des éléments factuels ou biographiques de l’intéressée”.

Puisque ce juge s’inquiète pour ma santé, je le rassure, je fais les choses en toute conscience.

Il nous parle « d’infraction reprochée » Mais de quelle « infraction reprochée » s’agit-il en l’occurrence ?

D’avoir publié sur un tweet des photos des exactions de Daesch pour montrer à des journalistes qui relativisaient les atrocités de ce groupe terroriste la réalité de ses exactions et leur rappeler que l’on ne peut en conscience faire un parallèle entre un grand mouvement démocratique et honorable à qui des millions de Français font confiance et une organisation sanglante et barbare qui a arraché près de 250 vies et fracassé des centaines d’autres.

Cachez cette vérité qu’on ne voudrait voir.

Cette publication n’est, sur le fond, pas différente de la publication par toute la presse de la photo non floutée du petit Aylan Kurdi, cet enfant syrien de cinq ans mort noyé sur une plage.

Je n’ai pas souvenir qu’un organe de presse se soit vu reprocher la publication de ce cliché d’un enfant et encore ait fait l’objet de poursuite.

La photo de cette mort accidentelle et c’est vrai poignante, avait pour objet de sensibiliser l’opinion pour la cause des migrants et non celle des victimes de terrorisme.

Il y a deux poids et deux mesures, on le voit. Un jour on poursuit, un autre jour pas.

Ce qui compte ce ne sont pas les faits mais la personnalité que l’on veut atteindre ou les opinions de ceux à qui on les reproche.

Dites-moi quelles sont vos opinions et je vous dirais si on vous poursuit ou même si vous êtes coupable ! On voit où ce type de raisonnement peut mener !

Il y a surtout là aussi un abus de droit puisque, pour me mettre en examen, on m’applique un texte sur la protection de mineurs en matière de publication d’images violentes, notamment d’images pornographiques.

Pourtant, mon tweet ne faisait que reprendre des images parfaitement disponibles sur nombre de sites internet et sur « google image », sans que son patron, à ma connaissance, ne se soit vu poursuivre.

On le voit, dans cette affaire, la procédure est dévoyée : la hargne de nos adversaires fait sortir notre pays de l’état de droit.

Il y a une volonté évidente de certains juges de tordre les textes, de les dénaturer pour arriver à leur fin.

Mais surtout, cette conception singulière du droit s’accompagne d’une volonté de salir, d’humilier des justiciables.

Est-ce cela qu’on apprend à l’école de la magistrature ?  Est-ce là le rôle d’une justice qui se respecte !

Les bureaux de certains magistrats égarés par leur parti-pris (je dis « certains » magistrats car je crois que la plupart sont impartiaux) deviendraient-ils pour les opposants des zones de non droit ?

La justice croulerait-elle sous les moyens pour se permettre financièrement ce genre de divagations procédurales, coûteuses et inutiles ?

Les greffiers qui n’ont même pas de papier pour imprimer les jugements apprécieront ! Pourquoi je reviens sur cette affaire ? Pas parce que je suis surprise par tant d’acharnement !   Je sais ce que c’est qu’être dissident dans une dictature même molle, Je sais qu’à travers moi ce sont nos électeurs qu’ils veulent atteindre et diffamer !

A quand le décret déclarant fous 11 millions de personnes ! Nous ne nous laisserons pas intimider.

Mais, je crois qu’au-delà de nous et de moi, au-delà du Rassemblement National, au-delà de notre liberté de parti d’opposition c’est de la liberté de tous dont il s’agit, la liberté d’expression, la liberté du justiciable de pouvoir se défendre, la garantie du citoyen d’être protégé par un vrai état de droit.

Demain, un organe de presse se verra-t-il fermer ses comptes bancaires pour avoir fait une enquête sur le blanchiment qui déplaît aux dirigeants bancaires ?

Demain, un juge pourra-t-il saisir la subvention légale d’un parti politique avec pour seule intention l’envie militante de lui nuire, de le réduire au silence ou de le mettre en cessation de paiement en le privant de sa trésorerie.

Demain, un particulier pourra-t-il se voir préventivement ruiné au stade de l’instruction avant même d’être déclaré coupable, avant même d’être jugé ?

Nous le voyons, nous assistons à un débat, surréaliste au pays de Voltaire, pour savoir si on doit interdire d’antenne Eric Zemmour.

Quel crime a commis ce partisan (il a raison) du principe républicain d’assimilation ?

Il a usé de sa liberté d’expression et défendu le principe d’une loi sur le choix de prénoms français, nous sommes d’accord avec lui ou pas mais, une loi qui s’est appliquée pendant près de deux siècles dans nos Républiques sans être contestée.

Avec la loi sur les fake news qui prévoit de ruiner ceux qui ne diffusent pas l’information officielle, avec la volonté de réduire le droit d’amendement des parlementaires, avec l’affaire de tabassage d’opposants par une police parallèle directement liée au président de la République, chacun constate les dérives autocratiques et autoritaires, les tentations liberticides et les pratiques antirépublicaines du régime.

J’entends dire et je crois que cela correspond à un sentiment souvent diffus chez de nombreux Français : « Macron me fait peur ».

Les agissements de certains juges accompagnent ce mouvement inquiétant pour notre République.

On reconnaît les démocraties à la façon dont sont traités les opposants : nous, on ne demande pas à être mieux traités que les autres, mais à être traités au moins comme tout le monde.

A quoi reconnaît-on les dictatures : c’est très simple : elles cherchent soit à criminaliser les opposants soit à les faire passer pour fous. On y est !

Dans la prétendue affaire des photos de Daesch, on a les deux tentations totalitaires.

En Italie, Mattéo Salvini connaît la même chose avec les poursuites pour « séquestration » (rien de moins !) pour avoir interdit un temps l’entrée de migrants illégaux en Italie.

Or ce n’est là que l’application de son programme, c’est le mandat que lui ont démocratiquement donné les électeurs italiens.

Vont-ils être poursuivis pour complicité par ce juge imaginatif et liberticide ?

Ne vous laissez pas impressionner !

Ne vous étonnez pas si les persécutions continuent.

Elles vont continuer.

Plus un régime est acculé, plus la tentation totalitaire est forte.

L’étape suivante, c’est le goulag pour les opposants à moins qu’on réinstaure les lettres de cachet.

La France est-elle en mesure de donner des leçons de démocratie dans le monde, je crois qu’elle en a perdu le droit.

Je voudrais ici rappeler à ces beaux messieurs du système ce qu’est la liberté d’expression.

La liberté d’expression, c’est la liberté non pas de dire ce qui plait au régime, mais justement ce qui peut ne pas plaire, parfois ce qui peut même choquer la bien-pensance.

En Corée du Nord, vous avez toute la liberté de dire le bien que vous pensez de Kim Jong-Un.

Je le dis à tous ceux qui veulent nous bâillonner par des menaces, par des poursuites, même par des condamnations injustes : vous ne nous ferez pas taire.

Nous continuerons à dire la vérité aux Français !

Il y a eu des révolutions et beaucoup de sacrifices pour obtenir la liberté d’expression : je le dis ici : nous ne renoncerons pas à ce droit, les Français ne renonceront pas à ce droit.

Ce que nous réclamons ce n’est rien d’autre que le droit de pouvoir nous exprimer sans être menacés de poursuites totalement fabriquées, en dehors de tout cadre légal réel,

Ce que nous demandons c’est de pouvoir participer aux débats d’idées sans être insultés ou agressés par des nervis cagoulés et avinés,

Ce que nous demandons, c’est de pouvoir concourir tranquillement aux élections sans être empêchés par des fatwas bancaires.

Nous n’essayons pas de nous soustraire aux lois ni aux juges mais nous demandons la même impartialité que pour n’importe quel justiciable.

Parce que nous sommes entre nous, je voudrais vous dire pourquoi je me bats, ce qui me motive, ce qui m’oblige à ne pas renoncer à notre combat.

Certains croient, et certainement parfois de bonne foi, que nous faisons carrière, qu’il y a derrière notre engagement des calculs personnels, des ambitions.

Si c’était cela il y a longtemps que nous aurions arrêté car, croyez-moi, l’inconfort de combattre un empire est supérieur aux avantages qu’on peut en tirer.

Les militants nationaux le savent bien.

Ce qui nous motive, ce qui me motive, comme vous mes amis, ce sont les convictions.

Il n’y a chez nous d’engagement que pour le peuple, il n’y a d’ambition que pour la France.

Il y a d’abord l’amour, l’amour de mon pays dont le déclin, lent mais inexorable, ne cesse de m’inquiéter.

Il y a ce drapeau, ce beau drapeau bleu blanc rouge, notre drapeau que nous avons ramassé dans le ruisseau, que nous brandissons fièrement quand d’autres veulent le remplacer par une bannière de station-service, ce drapeau pour lequel tant de Français sont morts sur les champs de bataille, ce drapeau qui symbolise pour le monde entier l’étendard de la liberté.

Ce drapeau Bleu-blanc-rouge, symbole de liberté, en ces temps de dictature larvée, il est vraiment utile de le brandir.

C’est ce drapeau que nous fêtons aujourd’hui et que nous défendrons sans jamais fléchir, sans jamais faillir.

Et puis il y a les gens, ces visages d’enfants, de femmes et d’hommes qui attendent tant de nous, ces millions de Français sont des sans-voix et souvent des sans-droits mais qui ont tant besoin qu’on parle pour eux, qu’on se batte pour eux, qu’on fasse reconnaître leurs droits.

C’est pour ces familles d’Hénin-Beaumont si dignes et sereines, même dans la difficulté, pour ces hommes en pleine force de l’âge de Calais qui, au chômage depuis des années regardent les travailleurs détachés sur le chantier du port subventionné à hauteur de dizaines de millions, c’est pour Guenael, cet agriculteur du Morhiban, adhérent du Front National qui s’est suicidé cette année dans sa grange, acculé par les difficultés professionnelles.

Oui, c’est pour toutes ces personnes que je me bats, c’est pour elles que je me dis tous les jours que nous n’avons pas le droit de lâcher ou de plier et que le combat que nous menons est nécessaire et juste.

Je me bats parce que je ne supporte pas la condescendance des enfants gâtés du système (aux deux sens du terme) qui vous expliquent qu’il vous suffit de traverser la rue pour régler vos problèmes, qu’il suffit de travailler pour se payer un costard ou que le monde serait divisé en deux : « ceux qui ont réussi et ceux qui ne seraient rien. »

Je le leur dis en votre nom : «M. Macron, on ne peut pas être heureux tout seul ! »

Je me bats pour les victimes d’agression dont la dignité est bafouée, dont la vie est gâchée ou prise, livrée à la culture de l’excuse, à la lâcheté des puissants, à l’indifférence pour les faibles.

Je me bats pour Ali, ce père de famille battu à mort devant ses enfants pour une place de parking et dont on ne parle pas, pour cette jeune fille dont le viol collectif a été diffusé sur les réseaux sociaux, pour toutes ces personnes abandonnées à l’ensauvagement de la société, un ensauvagement qui empoisonne la vie quotidienne, terrifie les familles et menace toute vie en société.

Je me bats pour qu’on éradique cette horreur qu’est le terrorisme en pensant que l’hommage le plus nécessaire à rendre aux victimes ce n’est pas un musée mais des mesures concrètes et efficaces pour que ces vies n’aient pas été prises pour rien.

Notre combat est celui de la liberté, celui de la dignité.

Il est celui de la France et des Français, de leur droit d’être chez eux en France, de la fierté d’être ce qu’ils sont.

Il est pour une certaine conception de l’homme qui ne peut être une marchandise mais qui ne peut être réduit non plus à la condition d’un consommateur-producteur.

Notre combat c’est aussi un projet, une vision pour l’avenir, une espérance.

Nous portons un projet d’une France fraternelle et rayonnante, une France qui sera d’autant plus attendue et respectée qu’elle sera française, une France attachée à la liberté,

La liberté des peuples, cette liberté qu’on appelle souveraineté,

La liberté individuelle qui est, pour chaque homme, la condition de la dignité.

J’appelle tous les Français, d’où qu’ils viennent, quelle que soit leur origine, quel que soit leur parcours personnel ou politique, à nous rejoindre pour mettre en œuvre ce beau projet de redressement et de fraternité nationale.

Comme son nom l’indique le Rassemblement National porte en lui l’appel à l’unité, l’unité de toutes les forces patriotiques du pays, l’unité de tous les Français.

Durant longtemps, nous avons porté seuls la flamme de l’espérance des peuples.

Aujourd’hui, notre mouvement est rejoint par toute l’Europe.

Et cette poussée bienfaisante des peuples, pays après pays, élection après élection, annonce la libération prochaine de l’Europe.

Cette victoire du 26 mai 2019 qui se profile, je vous invite mes amis à aller la chercher avec moi, avec nous.

Il nous reste huit mois presque jour pour jour qui nous séparent des élections européennes.

Ces huit mois, mettons-les à profit pour rassembler notre peuple autour de notre drapeau.

C’est ce qu’attend de nous le pays.

C’est ce qu’attend de nous l’Histoire

Vive la République !

Vive la France !

À propos de l'auteur :

Marine Le Pen
Marine Le Pen
Présidente

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2018-09-24T16:19:39+00:00